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Un engagement au poil pour la vitryate Catherine Bompard

MISE EN LIGNE LE 23/03/2020 A 10:00MARIE CHARRIER

Présidente du Parti citoyen pour les animaux et du Mouvement pour les animaux, originaire de la cité rose, se dévoue corps et âmes à cette cause depuis plus de 40 ans.

Bio express

1948 : naissance à Vitry-le-François le 17 mars.

1978 : elle quitte la maison familiale et s’installe à Paris où elle fonde l’agence de presse audiovisuelle Média 33 au début des années 1980.

1997 : elle devient consultante et formatrice en communication.

2015 : création du Mouvement pour les animaux.

2017 : création du Parti citoyen pour les animaux d’abord sous forme d’association, puis de parti politique depuis mars 2019.

« Je n’ai jamais eu peur de faire quoi que ce soit. Et j’ai la satisfaction d’avoir osé. » Dans la bouche de Catherine Bompard, cela ne s’apparente pas à de la prétention mais à une confidence. La retraitée, toujours encline à évoquer les combats qu’il reste à mener pour défendre la cause animale, est plus avare de mots lorsqu’il s’agit de se dévoiler. Tout juste parvient-on à lui arracher quelques phrases sur les multiples vies qu’elle a vécues, de sa courte carrière d’enseignante en région parisienne, à ses débuts dans le monde du reportage télévisé, puis à ses engagements militants. « Il faudrait que j’écrive mes mémoires pour mes petits-enfants, parvient-elle à glisser. Je suis heureuse d’avoir fait tout ça et de n’avoir aucun regret. »

Plusieurs vies mais un seul combat

Rien ne la prédestinait pourtant à mener cette vie de combattante. Fille d’un médecin généraliste, la petite Catherine passe sa jeunesse dans sa ville natale de Vitry-le-François sans forcément développer un attachement particulier pour les bêtes. Ce n’est qu’à la vingtaine qu’elle a la révélation. Littéralement. « C’est au travers d’un rêve que le sort des animaux m’a touché. Oui, je sais, c’est étrange », s’en amuse-t-elle aujourd’hui, à l’aube de ses 72 printemps. Dès lors, la professeure de français, installée dans l’Essonne, ne perd plus de temps. Elle se rapproche du Conseil national de la protection animale (CNPA) et prend la gestion du refuge pour animaux de la cité rose, à laquelle elle est toujours viscéralement attachée et qu’elle regagne avec empressement tous les week-ends. Dans son petit coin de Marne, elle mène alors avec abnégation ses premières enquêtes de terrain. Un travail de fourmis réalisé en étroite collaboration avec les forces de gendarmerie. Une plongée dans l’horreur. « C’était dur…, se remémore douloureusement la militante.Voir tant de souffrances, être confrontée à la maltraitance des bêtes, à la zoophilie… » Les bribes d’histoires, toutes plus atroces les unes que les autres, ne l’ont jamais quittée, en 40 ans. Le terreau propice à l’engagement de toute une vie.

Tout s’accélère dans les années 1980 lorsque Catherine Bompard troque ses livres et stylos pour une petite caméra 16 mm. En compagnie de celui qui deviendra son époux, elle sillonne les zoos, cirques et laboratoires du territoire pour informer et dénoncer. « Nous faisions ce que L214 fait aujourd’hui et nos reportages étaient diffusés sur Antenne2 dans les émissions de Allain Bougrain-Dubourg et de William Leymergie. » De ce binôme de choc naîtra une petite fille et une agence de presse audiovisuelle Média33. « On aimait ce qu’on faisait et on se sentait utile. »

Au moment de raccrocher le micro, une autre opportunité s’offre à elle, sur laquelle elle se jette goulûment : reprendre des études pour devenir formatrice en communication et médiation. Un nouveau virage dans une carrière déjà bien riche. « J’ai adoré entraîner les gens à la prise de parole en public, leur donner confiance en eux. » Des savoir-faire qu’elle compte bien mettre aujourd’hui au service des candidats de son Parti citoyen pour les animaux, qu’elle a créé en 2017. D’abord sous statut associatif, il est devenu un parti politique en 2019, à côté de son cousin, animaliste, qui a vu le jour quelques années auparavant, en 2016. « Le parti animaliste n’a pas voulu de nous, explique dans un sourire Catherine Bompard au moment de narrer la genèse de cette autre aventure.
On se rend compte aujourd’hui que ce n’est pas contre-productif, au contraire. Nous avons des formes de management très différentes et nous nous soutenons quand c’est nécessaire. »
Inenvisageable dès lors de présenter à des élections un candidat du Parti citoyen s’il y en a un aussi en face au Parti animaliste.

“On porte la voix de ceux qui n’en ont pas. C’est eux qui ont le plus besoin de nous”

Pour les élections municipales de cette année 2020, la décision a été prise de ne constituer aucune liste pour le Parti citoyen des animaux. Pour éveiller les consciences et sensibiliser à la cause animale, une autre stratégie a été adoptée : la réalisation d’une Charte des maires, permettant aux candidats de s’engager en matière d’éducation des enfants et des citoyens au respect des animaux, de maîtrise de la population de certains animaux comme les chats à l’état libre, d’éthique dans les spectacles à l’égard des animaux… « Ça permet de toucher des gens de tout bord politique, explique la présidente, elle-même colistière aux municipales de Vitry-le-François où elle vient de reprendre un pied à terre. Pour les prochaines législatives en revanche, on se donne pour objectif de présenter cent candidats. »

Avec son Mouvement pour les animaux, c’est d’une autre mission dont elle s’est chargée. Encore une.
Au travers de films qu’elle a soigneusement réalisés, la défenseur des bêtes entend éduquer les plus jeunes via des interventions dans les établissements scolaires. « Tout commence par là. Il faut que chacun comprenne que la souffrance animale existe. » Dans le même temps, celle qui est aussi présidente de l’association PAEXA (Pour l’Alternative à l’Expérimentation Animale) continue de mener le combat.

« On est très en retard sur plein de choses en France. Souvent les lois sont bonnes mais trop peu appliquées, estime Catherine Bompard. Nous, on porte la voix de ceux qui n’en ont pas. C’est eux qui ont le plus besoin de nous. »

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